Impact du télétravail : est-ce que rester chez soi est bon pour le climat ?

En résumé

  • Le télétravail peut sembler bénéfique pour le climat, mais en pratique, il n’élimine pas tous les déplacements.
  • Il diminue la consommation d’énergie des bureaux, mais nécessite aussi des équipements supplémentaires.
  • Une étude de l’ADEME conclut que le télétravail permet d’économiser entre 4 et 8 kg de CO2eq par habitant et par an.
  • Cependant, tous les métiers ne peuvent pas télétravailler et moins d’un actif sur cinq en bénéficie actuellement.
  • Le télétravail est une solution partielle dans la lutte contre le dérèglement climatique, nécessitant des initiatives variées pour une décarbonation efficace.

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Un chat en plein télétravail
Photo de Nasim Keshmiri sur Unsplash

Quel est l’impact du télétravail sur le climat ?

Est-ce qu’on peut rester chez soi et se dire que c’est un bon moyen de réduire nos émissions de gaz à effet de serre ? Et quel rapport tout cela peut-il avoir avec la mobilité ? C’est à ces questions que l’on va tenter de répondre en mobilisant une étude de l’ADEME parue en novembre dernier sur le sujet.

Cet article a été initialement publié dans l’infolettre grand public de la Fresque de la Mobilité : Déplacement instantané (abonnez-vous !). Nous en proposons ici une version légèrement remaniée.

Est ce que le télétravail fait du bien au climat ?

Un peu naïvement, on a tous cette idée que le télétravail est un dispositif forcément positif pour le climat. C’est une manière facile et efficace de réduire ses déplacements et donc les kilomètres parcourus (hop, le lien avec la mobilité). En y réfléchissant davantage, on se dit qu’on économise un peu d’énergie. On chauffe moins et on n’allume pas les bureaux dans lesquels on ne se rend plus.

Mais, en pratique, ce n’est pas si simple que ça. Tout d’abord, le fait de ne plus faire l’aller-retour jusqu’au boulot ne veut pas dire qu’il n’y a plus de trajets du tout. De nombreux déplacements, auparavant chaînés (un trajet avec plusieurs étapes), ont quand même lieu. Déposer les enfants à l’école, aller faire des courses, passer chez le coiffeur, peuvent devenir des trajets dédiés.

Ce que l’on gagne d’un côté… et ce que l’on perd de l’autre

Télétravailler peut cependant diminuer la consommation énergétique de l’employeur. Ceci est aussi à nuancer, car être à distance ne signifie pas que les locaux sont fermés pour autant.

Enfin, une pratique régulière du travail à distance implique très souvent de se doter du matériel nécessaire. On parle des équipements en double : bureau, fauteuil, ordinateur, écran d’appoint, connectique, etc. Bref, autant d’objets qu’il faut fabriquer spécifiquement pour télétravailler et qui peuvent compenser les bénéfices évoqués auparavant.

La réponse de l’ADEME

L’étude de l’ADEME prend tout cela en compte et regarde ce que cela suppose sur plusieurs scénarios prospectifs s’étalant de 2023 à 2035. Les résultats permettent de conclure que le télétravail est globalement positif pour lutter contre le dérèglement climatique. Pour autant, il ne l’est pas de façon univoque pour d’autres critères. C’est notamment le cas de l’indicateur évaluant l’impact sur l’épuisement des ressources, métaux et minéraux qui se retrouve dans le négatif. Cela paraît plutôt logique dans la mesure où le succès du travail à distance repose sur une numérisation accrue. En gros : on n’a rien sans rien.

Au global, et dans le cas d’une massification du télétravail, l’économie de CO2eq varie entre 4 et 8 kg par habitant et par an en fonction de votre lieu d’habitation. Pour rappel, un Français moyen émet autour de 9 t de CO2eq par an. Télétravailler, de façon soutenue à l’échelle de la société, permet donc de contrebalancer entre 2 et 4 % des émissions de la voiture.

On pourrait aller plus loin et s’interroger sur des effets rebonds ou indirects à long terme. Par exemple, est-ce qu’une massification du télétravail encourage les gens à s’éloigner de leur lieu de travail et à vivre dans des maisons plus grandes ? Il y a aussi des répercussions plus positives, mais tout autant difficiles à évaluer : quels impacts du télétravail sur l’accidentologie ou sur la qualité de l’air ? On pourrait multiplier les exemples sur de nombreux aspects qui peuvent finir par jouer dans la balance coûts/bénéfices.

Tout le monde ne peut pas en bénéficier

Dans tous les cas, il est bon de se rappeler que beaucoup de métiers ne sont pas possibles à distance. En 2023, moins d’un actif sur cinq télétravaillait au moins un jour par semaine. Et cela concernait en majeure partie les cadres, un peu les professions intermédiaires, très faiblement les employés et pas du tout les ouvriers. le Télétravail est donc une petite partie de la solution, mais pas beaucoup plus. Sans surprise, la décarbonation des transports repose avant tout sur la convergence de multiples initiatives adaptées à la situation de chacun. N’hésitez pas à participer à un atelier de la Fresque de la Mobilité pour découvrir les leviers à votre main !